André Gorz : existence, socialisme et écologie

Quand

08/10/2026 - 09/10/2026    
9h30 - 18h30

Collège de France - Salle Françoise Héritier
52 rue du Cardinal Lemoine, Paris, 75005

Type d’évènement

Journées d’études : « André Gorz : existence, socialisme et écologie »

Près de deux décennies après sa disparition en 2007, la pensée d’André Gorz (1923-2007) résonne avec une acuité particulière face aux crises multiples qui traversent notre époque : crise écologique, mutations du travail à l’ère numérique, montée des inégalités, questionnements sur le sens de nos existences dans des sociétés hyperproductivistes. Intellectuel inclassable, passeur entre théories et mouvements sociaux, Gorz a développé une œuvre prolifique qui articule de manière pionnière écologie politique, critique du travail, philosophie de l’émancipation et réflexion sur les techniques.
Ces journées d’étude visent à mettre en lumière la fécondité et l’actualité de cette pensée exigeante, trop souvent méconnue ou réduite à quelques formules, alors qu’elle offre des outils conceptuels indispensables pour penser les défis du XXIe siècle.

Un précurseur de l’écologie politique
André Gorz figure parmi les tout premiers penseurs à avoir articulé critique sociale et critique écologique, dès les années 1970. Avant que l’urgence climatique ne s’impose dans le débat public, il alertait sur les limites de la croissance et la nécessité d’une transformation radicale de nos modes de production et de consommation. Sa critique du productivisme s’attaque aux fondements anthropologiques d’une civilisation qui a fait de l’accumulation et de la croissance les horizons indépassables de l’existence humaine. Cette radicalité théorique résonne particulièrement aujourd’hui, alors que se multiplient les appels à la « décroissance » ou à la « sobriété ».

Une critique du travail d’une troublante actualité
La réflexion de Gorz sur le travail, développée notamment dans Métamorphoses du travail (1988) et Misères du présent, richesse du possible (1997), anticipe de manière saisissante les mutations que nous vivons : précarisation, uberisation, automatisation, brouillage des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle. Son plaidoyer pour une réduction massive du temps de travail, pour un revenu d’existence déconnecté du travail, et pour une réappropriation des activités autonomes trouve un écho direct dans de nombreux débats contemporains.

Un dialogue fécond avec les grands courants de pensée
La trajectoire intellectuelle de Gorz, de l’existentialisme sartrien au marxisme hétérodoxe, de la phénoménologie à l’écologie politique, en fait un interlocuteur privilégié pour penser les articulations et les tensions entre différentes traditions critiques. Son rapport complexe au marxisme, ses emprunts à Ivan Illich, ses dialogues avec les théoriciens de la technique, ses affinités avec l’anti-utilitarisme offrent matière à une relecture stimulante des débats théoriques du XXe siècle.

Des résonances avec les luttes contemporaines
L’œuvre de Gorz entre en résonance avec des problématiques qui ont émergé ou se sont cristallisées après sa mort : l’écoféminisme, l’écologie décoloniale, la critique du numérique et de la surveillance, les nouvelles formes de communs. Ces journées visent à interroger les passerelles possibles entre sa pensée et ces courants contemporains, à identifier les zones de friction comme les convergences fécondes.

Télécharger le programme