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SUMMARY:Le thermomètre de Foucault
DESCRIPTION:Journée d’étude organisée par Grégoire Chamayou (CNRS-ENS
  Paris)\, Frédéric Keck (CNRS-EHESS Paris) et Jean-Claude Monod (CNRS-E
 NS Paris).\nPrésentation\nDans sa généalogie des savoirs biopolitiques\
 , Michel Foucault a beaucoup parlé des milieux mais peu du climat. Pourta
 nt\, les notions de milieu et de climat sont souvent confondues au 19e si
 ècle pour décrire les conditions d’existence d’un vivant qui rendent
  possible l’intervention d’un pouvoir. Mais si la notion de milieu con
 duit à contrôler les flux\, comme le font les sciences de la population\
 , celle de climat conduit à contrôler les températures\, comme le font 
 les sciences de l’acclimatation. Peut-on relire Michel Foucault à parti
 r de la notion de climat\, qui a pris un sens nouveau avec les mesures du 
 réchauffement climatique ? En quoi la mesure de la température par des o
 utils technologiques conduit-elle à interroger le moteur de la temporalit
 é historique ?\n\nUne telle question permet de revenir sur les relations 
 entre Michel Foucault et Claude Lévi-Strauss. La distinction entre « soc
 iétés froides » et « sociétés chaudes » renvoyait pour celui-ci à 
 des modèles thermodynamiques différents d’insertion de l’évènement
  dans une structure qui lui préexiste. Foucault s'y réfère via Furet et
  ́la distinction entre une "histoire chaude"\, où l'observateur investit
  les mêmes discours que les acteurs\, et une "histoire froide"\, que l'on
  peut approcher avec la même distance que l'ethnologue aborde les mythes 
 des sociétés qu'il étudie. Il n'est pas question ici non plus de récha
 uffement climatique\, mais d'usages de la métaphore du chaud et du froid 
 et du modèle de la thermodynamique pour penser les modalités par lesquel
 les les sociétés contiennent ou opèrent leur transformation et son ryth
 me. Peut-on dire alors que Foucault\, en faisant une ethnologie des socié
 tés européennes\, a refroidi notre histoire pour mieux diagnostiquer not
 re présent ? Quels seraient les objets et les terrains pour lesquels il s
 erait urgent aujourd’hui de refroidir l’histoire ?\nProgramme\nHistoir
 e et anthropologie des sociétés chaudes\n\nModération : Jean-Claude Mo
 nod (CNRS-ENS Paris)\n\n9h : présentation de la journée par Jean-Claude
  Monod (CNRS-ENS Paris)\n\nLe chaud et le froid entre anthropologie struc
 turale et généalogie de l’actualité : pour un paradigme « thermopol
 itique »\n\n9h30 : Les chaleurs limites. Généalogie des seuils de tem
 pérature humide. \n\nGrégoire Chamayou (CNRS-ENS Paris)\n\nQuand fait-i
 l trop chaud ? Trop chaud pour travailler\, pour vivre normalement\, voire
  vivre tout court ? Peut-on déterminer quantitativement la limite des tem
 pératures tolérables ?\n\nAujourd’hui\, un index de stress thermique e
 st devenu crucial pour estimer les effets physiologiques directs du récha
 uffement climatique : la « température de bulbe humide ». Quand la chal
 eur humide augmente au point d’excéder un certain niveau critique\, l
 ’organisme perd la capacité d’évacuer efficacement sa charge thermiq
 ue par évaporation de la transpiration. Si cela se prolonge\, il entre in
 exorablement en surchauffe et s’effondre. Ce seuil de tolérance physiol
 ogique au-delà duquel la thermorégulation corporelle est mise en échec 
 constitue une « limite supérieure de survivabilité ». Sauf réduction 
 drastique des émissions de gaz à effet de serre\, des vagues de chaleur 
 humide pourraient\, indiquent les chercheurs\, « dépasser ce seuil criti
 que d’ici la fin du XXIe siècle ».\n\nDans cette intervention\, je vou
 drais retracer la pré-histoire de cette notion. Quelle a été\, avant la
  prise de conscience du réchauffement global\, la teneur des travaux scie
 ntifiques visant à déterminer de tels seuils ? Sur quels sites ont-ils 
 émergé ? En lien avec quels problèmes pratiques et quels rapports de po
 uvoir ? En suivant ce fil précis\, il s’agira\, de façon plus large\, 
 de mettre au jour diverses configurations historiques d’une « thermopo
 litique » étroitement liée à l’essor conjoint de l’impérialisme 
 et du capitalisme industriel.\n\n10h15 : Du pouvoir cynégétique à la c
 ryopolitique : transformations des techniques des chasseurs de virus\n\nFr
 édéric Keck (CNRS-EHESS Paris)\n\nLa notion de biopolitique proposée pa
 r Michel Foucault à la fin des années 1970 ne considère les relations e
 ntre les humains et les autres animaux que de façon métaphorique à trav
 ers la notion de pouvoir pastoral. Depuis son « tournant ontologique »
 \, l’anthropologie aborde ces relations comme des réalités qui transfo
 rment les techniques de pouvoir. En prenant le terme de transformation au 
 sens que lui donne Claude Lévi-Strauss\, c’est-à-dire comme une invers
 ion dans les polarités structurales qui orientent les relations entre les
  vivants dans un environnement\, je montrerai comment les techniques des c
 hasseurs de virus se transforment en passant de ce que Grégoire Chamayou 
 appelle un « pouvoir cynégétique »\, défini comme la capacité à p
 rendre le point de vue de sa proie pour la traquer\, et ce qu’Emma Kowal
  et Joanna Radin appellent une « cryopolitique »\, définie comme la c
 apacité à prélever des échantillons sur les êtres vivants pour les co
 nserver dans une forme de « vie latente ». J’interrogerai alors les 
 formes d’émancipation qui sont possibles au sein de ces techniques qui 
 utilisent la chaîne du froid pour capturer et conserver les vivants.\n\n1
 1h-11h15 : pause\n\n11h15 : L'histoire foucaldienne de la gouvernemental
 ité : une nouvelle « ethnographie interne de notre culture » ?\n\nFlo
 rence Hulak (Université Paris 8)\n\nMon idée est de revenir sur la théo
 rie de l'histoire associée à l'étude des gouvernementalités\, que Fouc
 ault a peu explicitée. Alors que l'on associe en général surtout le dia
 logue Foucault/Lévi-Strauss à la période archéologique\, je voudrais m
 ontrer que Foucault s'efforce en réalité toujours de répondre au défi 
 lévi-straussien consistant à faire l'ethnographie des sociétés chaudes
 \, dont la particularité est de produire des "grille d'intelligibilité" 
 du réel qui sont aussi des principes de transformation du réel. Mais il 
 se heurte\, dans la réalisation de ce projet\, à certaines difficultés 
 théoriques qu'il faudra éclairer.\n\n12 h : L’ethos du moderne\, le
  regard de l’anthropologue. Foucault\, Lévi-Strauss et l’enjeu du p
 résent\n\nGiuseppe Al Majali (ENS Paris)\n\nLe problème de la modernité
  est central aussi bien dans l’œuvre de Lévi-Strauss que dans celle de
  Foucault. Si dans le premier cas\, il se manifeste de manière plus laten
 te\, il est bien plus explicite dans l’œuvre de Foucault\, qui en propo
 se une thématisation claire à plusieurs endroits. L’une des plus cél
 èbres concerne la définition de l’épistème moderne dans Les mots et
  les choses (1966)\, où l’ethnologie occupe une place privilégiée. U
 ne deuxième occurrence remarquable peut paraître à première vue plus 
 éloignée des travaux de Lévi-Strauss\, car elle apparaît dans les dern
 iers textes de Foucault (1978-1984) où sa réflexion constante sur l’hi
 stoire se concentre sur la définition de l’acte critique du « diagnos
 tic du présent ». Nous nous proposons de comparer les deux auteurs auto
 ur de ce deuxième axe éthique\, à partir du célèbre texte « Qu’est
 -ce que les Lumières ? » (1978) où Foucault définit la modernité mo
 ins comme une rupture historique que comme un certain ethos à l’égard 
 de son propre présent\, ethos qui refuse avant tout de se renfermer dans 
 le choix d’être « pour ou contre » la modernité. Notre hypothèse 
 consiste à voir dans la posture foucaldienne une série d’analogies ave
 c l’attitude esthétique de la sagesse anthropologique de Lévi-Strauss.
  Nous comparerons l’ethos du moderne et le regard éloigné de l’an
 thropologue dans leurs points de contact\, de rupture et dans leurs éclai
 rcissements réciproques. De l’anthropologie comme ethos critique\, à l
 ’ « ontologie du présent » comme technique de refroidissement de l
 ’histoire\, nous croiserons ces deux chemins de pensée autour du probl
 ème de la modernité comme rapport au présent.\n\nPopulation et climat d
 ans la biopolitique\n\nModération : Judith Revel (Université Paris 1-Pa
 nthéon Sorbonne)\n\n14h30 : Le baromètre démographique : de Lévi-Stra
 uss à Foucault\, en passant par Chakrabarty\n\nLuca Paltrinieri (Universi
 té de Rennes)\n\n\nLes craintes de Lévi-Strauss concernant la surpopulat
 ion mondiale sont bien connues : elles s’inscrivent dans un zeitgeist 
 de l’après-guerre que certains ont qualifié de « moment malthusien »
  ou d'emballement  « démo-ressourciste » (1945-1974). La démographi
 e pourrait toutefois jouer un rôle plus profond dans l’anthropologie st
 ructurale si l’on prend au sérieux la limitation populationnelle des so
 ciétés « froides » face à la croissance illimitée des sociétés « 
 chaudes »\, l’héritage rousseauiste de Lévi-Strauss\, ainsi que son i
 ndifférence au seul problème des ressources : tout se passe en effet com
 me si la répartition humaine dans l’espace\, la pression démographique
  ou encore la densité insuffisante jouaient un rôle dans l’organisatio
 n (ou la désorganisation) de la pensée. Problématisant la « population
  » comme un niveau de pertinence propre à la gouvernementalité libéral
 e\, Foucault considère au contraire la question démographique comme un a
 spect du gouvernement des sociétés par elles-mêmes\, à intégrer dans 
 une histoire de la biopolitique. Dans les deux cas\, nous le verrons\, la 
 réflexion sur la démographie humaine n’est pas sans rapport à la ques
 tion environnementale\, voire climatique\, mais les deux styles de réflex
 ion ne sont ni homogènes ni réductibles à une perspective globale. Il c
 onvient alors de les comparer à la lumière de l’observation plus réce
 nte de Dipesh Chakrabarty\, pour qui\, même en abandonnant explicitement 
 les perspectives néo-malthusiennes\, la population demeure « l’éléph
 ant dans la pièce » du moment planétaire.\n\n15h15 : L’autolimitatio
 n climatique et écologique au risque de Foucault\n\nFerhat Taylan (Univer
 sité de Bordeaux)\n\nAu cours de des années 1970\, tandis que Foucault f
 ormule ses concepts de biopolitique et de gouvernementalité libérale\, l
 ’émergence de la question climatique sur la scène politique mondiale d
 onne lieu à une problématisation progressive des « limites » des actio
 ns humaines sur la planète. Qu’il s’agisse des « limites de la crois
 sance » en 1972\, des efforts de limiter le réchauffement climatique mon
 diale à moins de 2°C par les Conventions de Rio en 1992\, ou de la propo
 sition plus récente des « limites planétaires »\, la question climatiq
 ue émergente se trouve encastrée dans une réflexion sur la limitation\,
  voire de l’autolimitation\, face aux défenseurs d’un illimitisme tec
 hnosolutionniste et/ou climatosceptique. Ce thème était également prés
 ent dans la réflexion écopolitique en France dans cette période\, chez 
 Gorz et Castoriadis\, qui tentèrent de formuler une écologie politique s
 ous forme d’une autolimitation démocratique\, en prenant chacun des dis
 tances théoriques à l’égard de Foucault. A partir de ce contexte\, c
 ette intervention a pour objectif d’analyser la manière dont les probl
 ématiques foucaldiennes de la biopolitique et de la gouvernementalité s
 ’articulent avec les questions relatives à la limitation et à l’auto
 limitation climatique et écologique\, en mettant en lumière les principa
 les zones de tension qui en découlent.\n\n16h-16h15 : pause\n\n16h15 : 
 Biopolitiques et écopolitiques à la lumière du climat\n\nAndrea Angel
 ini (Université Paris 8)\n\nÀ partir de quelques repères historiques au
 tour de la co-constitution des discours anthropologique\, biologique et g
 éographique\, entre la fin du XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle\, nous voudri
 ons soutenir l'opportunité d’élargir et de pluraliser\, dans une persp
 ective à la fois écologique et coloniale\, le chantier ouvert par les é
 tudes foucaldiennes sur la biopolitique. Les recherches récentes en histo
 ire des sciences et des techniques\, ainsi qu’en histoire environnementa
 le\, invitent à reconsidérer les différentes formes modernes de "réfle
 xivité" concernant les relations socio-environnementales et anthropozoolo
 giques. Cela conduit à repenser à la fois les espaces visés par ces tec
 hnologies de gouvernement et les vivants\, humains et non humains\, qui le
 s habitent.Les liens entre le développement des technologies biopolitique
 s et ce qu’on pourrait appeler des éco-politiques (au sens proposé p
 ar Lascoumes)\,permettent d’accorder une nouvelle centralité au rôle d
 u climat\, à la fois comme objet de science et de préoccupations gouver
 nementales\, et d'investiguer les significations très diverses que cette 
 notion assume dans les transformations des "savoirs de l’environnement" 
 entre le XVIIIᵉ et le XXᵉ siècle. Dans le cadre limité de cette inte
 rvention\, nous nous concentrerons sur la dimension globale acquise par le
 s études sur le climat dès le XIXᵉ siècle\, ainsi que sur leurs trans
 formations au XXᵉ. Nous aborderons notamment la notion de biosphère et 
 sa reprise dans l’écologie globale de la seconde moitié du XXᵉ sièc
 le\, moment où écologie et sciences du climat nouent une nouvelle allian
 ce. Enfin\, il s’agira de réfléchir au rôle différent des sciences 
 biologiques au sein d'une écopolitique centrée sur les sciences du clim
 at et les Earth System Sciences\, dans le contexte plus large du tournant
  systémique de l’écologie après la Seconde Guerre mondiale. Nous tent
 erons ainsi de mesurer quelques-uns des enjeux épistémologiques et polit
 iques liés à l'envergure que la climatologie a acquise dans les débats 
 écologiques contemporains\, de réfléchir sur son importance ainsi que s
 ur ses aspects problématiques.\n\n17h : Thermal (Dis)Comfort in Bahrain: 
 How Air-Conditioning Changed Everything (en ligne)\n\nMarwa Koheji (New Yo
 rk University\, Abu Dhabi)\n\nIn the Arab Gulf\, air-conditioning consumes
  about 60% of the domestic consumption of electricity. Yet\, the ascendenc
 y of this technology is far from simple. Beyond simply providing coolness\
 , air-conditioning transformed life as people knew it. In a remarkably sho
 rt period of time\, this seemingly innocent device reshaped houses\, citie
 s\, practices of daily life\, social relations\, and even\, bodies. Today\
 , one can argue there is no society that is more air-conditioned than in t
 he Gulf\, where even the outdoors is being air-conditioned. This talk brin
 gs historical and ethnographic insights to explore how and why air-conditi
 oning became ubiquitous in the Gulf and to what social and material conseq
 uences.
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